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Le Féminisme intolérable

18/11/2015. Olivier Manceron

 Effondrement des convictions, éboulements de désespoir, bouleversements des émotions… Un raz de marée de colère impuissante et de chagrin saumâtre enserre les gorges et serre les poings. La guerre a envahi Paris pour éteindre les lumières joyeuses des boulevards. Le sang s’écoule luisant sur le trottoir. Quand elle hait, la barbarie ne compte pas ses morts.

Une fois de plus, la sauvagerie sanglante et suicidaire était virile. Comment arrivent-ils à se convaincre d’être des héros, quand ils se bornent à tuer lâchement des jeunes femmes et des jeunes hommes désarmés ? Comment ces grands ados ont-ils été manipulés, transformés, mécanisés pour devenir des automates tueurs ? Des manipulateurs sadiques vieillissants ont su dans l’ombre faire de ces enfants inconscients des morts-mourants-meurtriers. Ces démiurges mourront riches, entourés de leur escorte de sbires, adulés par leurs fidèles et dans leur lit. La guerre ne tue que des jeunes hommes, héroïsés par des communautés démentes, fanatisées autour de leurs auto-martyres. Voilà la barbarie ! Elle est virile.

Cette hydre renaît à chaque fois de ses cendres. Chaque siècle compte ses brigades spéciales, ses escadrons de la mort et ses commandos cruels. Mais cette fois, le message a été explicite, et même étrangement clair. Depuis la célèbre  « nuit des temps », les jeunes hommes désarmés sont répertoriés comme négligeables dommages collatéraux, vaguement regrettables, il est vrai, car n’intéressant pas les glorieux affrontements des combattants patentés. Pour les jeunes femmes, leurs meurtres et leurs supplices sont recouverts de l’ombre épaisse de l’oubli, à peine évoqué dans des discours allusifs et goguenards : Ah ! Les belles cantinières et les joyeuses Madelon qui viennent servir à boire ! Mais le viol est le repos du guerrier. Les massacres-viols de masse des femmes du pays conquis restent l’argument massue et sous entendu, pour préserver le moral des troupes. Donc, rien que du vulgaire, du commun, de l’abject quotidien, depuis la plus haute antiquité.

Cette fois la cible des tueurs désigne, indique, démontre. Suivons la trajectoire de leurs balles écœurantes. Elles frappent des jeunes femmes libres. Elles sont libres de sortir le soir sur la place publique, de déguster une boisson au café, d’aller au spectacle, de rencontrer de jeunes hommes, libres eux aussi des contraintes coutumières. Elles sont libres de chevelure, de pensées, de discours, de sexualité, libres des chaînes familiales, religieuses et patriarcales. Alors, ils ont tiré. Ils ont tiré pour tuer, effacer, hacher la liberté… et particulièrement celle des femmes.

Elles étaient de tout pays, de toutes contrées, de tous les univers, cosmopolites et sans sectarisme, sans affirmation de caste (sauf peut-être celle qui arrive à s’offrir un café à cinq euros en terrasse !). Il y avait probablement parmi elles, des femmes en état de handicap, comme on dit, mais ça bien sûr, c’est passé inaperçu, dégagé sous le tapis épais du débordement médiatique.

S’il n’y avait eu ce soir là, que de jeunes hommes, admettez qu’il est fort peu probable que nos abominables les aient choisis pour cibles. L’ordre eût régné, dans une ronronnante normalité.

Il s’agit d’un horrible massacre. Mais c’est la liberté des femmes qu’ils voulaient détruire. C’est un féminicide épouvantable dans lequel les jeunes compagnons de ces femmes intolérablement libres ont été atteints. Préjudice collatéral. Pour cette fois, les rôles se sont inversés.

Ils ont voulu nous briser, détruire nos valeurs, mais l’intolérable valeur pour ces Nazislamistes, c’est le Féminisme.

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