GPA, trois lettres innocentes. GPA ?

19/03/2016 :                     BILLET D’HUMEUR N°7.                      

Olivier Manceron.

C’est peut-être une maladie nouvelle ? Un moustique bien trop tropical pour qu’on soit piqué ? « Grossesse pour autrui » Ça fait altruiste, genre ONG. Ça ressemble à PSA ou ABS ou BNP. Un petit acronyme pour une grande entreprise. Est-elle déjà en bourse, cotée au CAC Quarante ? On est pour, on est contre. C’est beau comme Uber. C’est nouveau, c’est moderne, c’est dans le vent. Et puis, on se dit que c’est des histoires d’amour, des histoires intimes qui ne nous concernent pas. « Ils ont bien le droit ! Ils ont assez souffert ! Ils ont supporté leur stérilité, taraudés par leur désir d’enfant. Alors s’ils peuvent se le payer, c’est bien normal. Et puis, comment comparer aux prostituées ! Au contraire, il n’y a pas de sexe ! Et c’est quand même plus moral que d’aller acheter en cachette un gosse à adopter aux réseaux mafieux des pays pauvres ! Ça, c’est vraiment voler un enfant à sa mère ! »

Alors vous les féministes, vous allez arrêtez de nous embêter. Les femmes victimes, les femmes esclaves, etc. On en a soupé ! Dans la GPA, il n’y a pas de sexe. D’abord, il y a des gênes. Et les gênes, c’est pour les généticiens. Les gênes des mecs, c’est leur seule preuve qu’ils ont un gosse. Alors, silence, les femmes ! « C’est pas pour neuf petits mois qui leur apportent en plus une petite fortune qu’elles vont se plaindre ! Elles l’oublieront bien vite. Et puis là-bas, elles ne savent que mettre bas. Alors une grossesse de plus ou de moins ! » Et voilà, la vieille musique sexiste a trouvé une nouvelle partition, grâce à la science et à la médecine sans conscience, pour développer ses mélodies capitalistes, ses accents racistes et l’harmonie de ses arpèges féminicides.

Et le bébé ? Qui c’est qui s’en préoccupe du bébé ? Un bébé, ça a besoin d’amour ! Mais lui, il sera né dans un désert de pierre. Le cœur brisé de sa pauvre mère qui a vendu son âme au diable blanc, l’adulation de ses parents pour le ridicule petit mélange de leurs pauvres gênes, la perte de sa famille (sœurs, frères, grands-parents, de sa culture, de l’histoire de son continent), la perte de son paradis perdu, le doux chaud du ventre de sa maman… Il sera né dans un désert aride pour assouvir les fantasmes de ce monde cupide qui a commencé pour lui sur le marché des enfants volés.

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