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BILLET D’HUMEUR N° 61. Olivier Manceron. Le 20/09/20

Va-t-on rater aussi la vélorution ? Le rêve de révolution verte grâce à l’usage intensif du deux-roues deviendrait-il un cauchemar ? Est-ce l’angoisse de la pluie qui ne vient pas ? Est-ce l’anxiété ambiante, avec ce Covid qui se remet à tuer tranquillement dans les antres vert-clair des réanimations inhospitalières ? Ou la possible réélection de Trump, ce mafieux barbare, comptant bien sur l’aide poutinienne ?

Mais une fureur vélocipédique s’est abattue sur la France. Telles des sauterelles ou des criquets sur des échasses roulantes, la jeunesse, toujours imbue d’elle-même, triomphe à toute allure sur les voies piétonnes, les trottoirs citadins, les files des bus, les chemins de traverse, les voies sur berge, les allées cavalières, les grands boulevards, les ruelles étroites, jusqu’aux moindres GR forestiers et aussi bien sûr sur les pistes cyclables.

On sent qu’il y a de la rage sous la pédale. Le gouvernement leur a rabâché de ne pas polluer, de faire de l’exercice, de ne pas prendre leur voiture, de rester à la maison, de mettre leurs masques au travail, de ne pas sortir en bandes organisées, de ne pas aller voir leurs belles-mères, de ne pas se contaminer dans les transports en commun, de relancer l’économie en achetant une nouvelle voiture, de ne pas défiler contre le gouvernement, de ne pas croire les scientifiques qui s’engueulent à la télé, de ne pas avoir peur des dérèglements du climat, de dire merci quand on reçoit des cacahuètes en guise d’aide de l’État, de payer plus d’impôts, de partir en vacances tranquilles pour aider le tourisme, de s’en laver les mains plusieurs fois…

On sent de la colère dans ces tourbillons suicidaires des deux roues de nos villes et de nos campagnes. Les messieurs vindicatifs portent élégamment leurs masques sur la barbe et les dames agacées de se voiler le visage fusillent les gens de regards méprisants. La révolution des vélos qui devait accompagner une nouvelle société frugale et responsable, la démocratie sous le règne de la petite reine, c’est raté. Ce n’est plus que batailles de bicyclettes contre trottinettes, de vespas contre scooters, de motos contre autos… Il ne viendrait plus à l’esprit de personne de promener une grand-mère, une poussette à bébé, un chien ou un fauteuil roulant. Handicapé.es ou vieillard.es fragiles, rentrez chez vous ! Place aux impérieux combats des gladiateurs à roulettes ! De combien de mort.es et de blessé.es encombrent-ils nos hôpitaux surchargés ? Pas de statistiques quotidiennes au journal parlé.

Réaction de Alain Piot

OUİ, MAİS ! MAİS, OUİ !

Pour une fois cher vieil Hibou, je vais mettre un bémol à mon admiration. D’accord avec toi sur les dangers des vélos, trottinettes en tous genres, MAİS.

MAİS le problème, le danger, n’est pas d’origine fondamentalement deuxrouxielle ! Je m’explique : Il y a quelques temps j’ai failli me retrouver à l’hôpital / ou à la morgue, avec mon chien à cause d’une camionnette qui, arrêtée à un carrefour et faisant mine de tourner à droite, a reculé pour finalement se garer sans se préoccuper de qui était derrière ! Des passants ont crié, j’ai crié, le chauffeur a dit : “excusez-moi”…

Continuons : hier je sors de mon immeuble; devant la porte des mégots de cigarette abandonnés (ou jetés d’une fenêtre); deux pas plus loin, un masque déjà bien piétiné par des passants, des chiens, des roues de trotinovélos. Au bout de ma rue – qui, je précise, est calme, peu passante, bourgeoise, pratiquante, comme il faut – une poubelle de rue depuis des mois, ou même des années, sert de déversoir aux riverains, remplie de ce qui devrait être versé dans les poubelles d’immeuble ad-hoc, et débordante de tout cela. Je ne parle pas des déjections canines (j’ai mon ramasse-crottes, oui Monsieur).

Au fait, as-tu déjà vu en France une automobile s’arrêter devant un passage piétons pour… laisser passer un piéton ? Je connais des pays européens où ça se fait, par exemple en Espagne (c’est à côté); je ne parle pas de la Suisse où l’on s’arrêterait pour laisser passer un escargot aperçu de loin !

A quoi je veux en venir ? Dire que nous ne sommes pas victimes des deux roues (enfin, on peut l’être, c’est vrai), MAİS d’un fléau, d’une hydre foisonnante : l’İNCİVİLİTÉ, de plus en plus, de pire en pire, de quartier en quartier, de ville en ville, bien plus implacable que la COVID (on peut même dire que cette dernière en profite pour prospérer). C’est quoi l’incivilité ? c’est “un comportement qui ne respecte pas une partie  ou l’ensemble des règles de vie en communauté telles que le respect d’autrui, la politesse ou la courtoisie”.

Les 2 ou 4 roues ne sont pas dangereux en eux-mêmes; mais celles ou ceux qui ont les fesses ou les pieds dessus, eux, OUİ !

J’appelle de mes voeux une vaste campagne nationale, locale, parisienne en faveur du CİVİSME.

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