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Le coût de la virilité

Le coût de la virilité

Un vrai sujet dont s’est emparé  Lucile Peytavin historienne, spécialiste du travail des femmes dans l’artisanat et le commerce qui a rejoint en 2016 le Laboratoire de l’Egalité où elle travaille sur la lutte contre la précarité des femmes.

En France les hommes sont responsables de l’écrasante majorité des comportements asociaux : 95 % des auteurs d’un accident de la route mortel, 92 % des élèves sanctionnés pour des actes relevant d’atteintes aux biens ou aux personnes dans les collèges, 90 % des personnes condamnées par la justice, 86 % des mises en cause pour meurtre, 97 % des auteurs de violences sexuelles,96.5% des détenus dans les prisons….

Ces crimes et délits représentent en France pour l’Etat chaque année une somme évaluée à  100 000 000 000€ (1 millliard) minimum en service de police et de justice, frais médicaux et éducatifs pour y faire face. S’y ajoute un coût indirect : la société qui doit répondre aux souffrances physiques et psychologiques des victimes et subit les pertes de productivité qui sont  liées. Ces conséquences financières de la violence dues presque exclusivement aux hommes, sont presque toujours passées sous silence.

Lucile Peytavin s’interroge sur les raisons de cette surreprésentation des hommes, dans cette faramineuse dépense, égale notamment au déficit annuel du budget la France et bien supérieure à d’autres déficits et si ces sommes ne seraient pas mieux employées à déconstruire les stéréotypes du genre masculin dans l’éducation.

Elle est autrice d’un ouvrage sur le sujet où elle pose la question de l’origine du phénomène. Reprenant le célèbre mot de Simone de Beauvoir « on ne nait pas femme on le devient » elle se demande si on ne peut pas appliquer aux hommes le même principe et donc si la violence ne vient pas essentiellement de l’éducation qui les amène à la valoriser à l’excès  comme manière d’exister et de s’imposer. Elle observe le phénomène bien connu que les filles sont éduquées à pratiquer l’altruisme, l’empathie et le respect des règles sociales ; que se passerait-il si la même éducation était donnée aux garçons ?

L’historienne a étudié la construction des stéréotypes  de genre au cours de l’histoire et affirme que ces différences de comportement entre hommes et femmes n’existaient pas avant le paléolithique lorsque les rôles sociaux étaient à peu près identiques. Les arguments tirés d’une différence de taille de cerveau ou de la présence d’un taux de testostérone bien supérieure chez les garçons comme responsable de leur violence sont totalement contredits par les recherches scientifiques. Les cerveaux sont de taille identique  et les taux de testostérone qui peuvent différer sont une conséquence des actes violents et non leur cause. En conséquence c’est plus, voir exclusivement, l’éducation donnée aux garçons qui les amène  a usé de la violence pour s’imposer.

L’Etat disposerait donc s’il le décidait d’un budget  important pour s’attaquer aux causes de la violence masculine et partant en limiter considérablement les effets, rejoignant par la même la lutte contre les discriminations Femmes/Hommes.

L’essai de Lucile Peytavin, portant le titre de sa conférence est paru le 5 mars dernier aux Editions Anne Carrière.

Catherine Nouvellon
23 mars 2021

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