5 Questions à… Gaël GOSSE, assistant de direction

  1. En tant qu’informaticien de formation, quel regard portez-vous sur l’accessibilité numérique pour les personnes en situation de handicap aujourd’hui ?

    En tant qu’informaticien, je pense qu’il y a déjà beaucoup de progrès faits en la matière : sous-titrages, synthèse vocale, lecteurs d’écran, navigation au clavier, interfaces adaptées, etc. Pourtant, je trouve que ces dispositifs sont trop souvent ajoutés après coup et non pensés dès le départ. Je pense que cela rendrait service à plus de personnes qu’on ne le pense, des handicaps les plus lourds à porter jusqu’à une simple fatigue visuelle. Concevoir entièrement les outils avec cette dimension dès le départ aiderait beaucoup de monde, je pense.

  2. Quels sont, selon vous, les erreurs ou obstacles les plus fréquents rencontrés sur les sites internet ou outils numériques utilisés par les associations et administrations ?

    Beaucoup de sites sont conçus selon la logique de leur institution et non de l’utilisateur. Il peut y avoir trop de menus ou de pages, un jargon hermétique pour les non-initiés, des formulaires ou un fonctionnement peu clairs…
    Pour moi, un bon site est simple, clair et accessible à tout le monde, sans que l’on soit stressé ou fatigué pour obtenir ce que l’on cherche.

  3. Comment le numérique peut-il devenir un véritable outil d’autonomie et d’accès aux droits pour les femmes en situation de handicap ?

    Aujourd’hui, beaucoup de démarches administratives peuvent être faites en ligne, ce qui, dans des situations de violences, de vulnérabilité ou d’isolement, peut être un puissant allié. Non seulement les femmes peuvent garder leur indépendance dans leurs démarches, mais elles peuvent aussi accéder à des informations, communiquer et parfois rester discrètes grâce au format compact du téléphone.

  4. Les cyberviolences et le harcèlement en ligne touchent de nombreuses femmes. Pensez-vous que les femmes en situation de handicap soient confrontées à des vulnérabilités spécifiques dans l’espace numérique ?

    Oui, probablement. J’imagine que pour les personnes isolées, il existe une dépendance certainement plus forte au numérique, ce qui peut constituer une vulnérabilité dans certains cas. Il ne s’agit pas d’avoir une vision infantilisante en considérant les femmes en situation de handicap comme diminuées, mais de reconnaître que certains contextes augmentent les risques.

  5. Selon vous, quelles améliorations concrètes devraient être développées pour rendre les outils numériques plus inclusifs, accessibles et sécurisants ?

    Je reviens sur l’idée de développer dès le départ des applications web, mobiles ou bureautiques en prenant en compte l’accessibilité et, dans le meilleur des cas, en réalisant des tests avec des personnes en situation de handicap. Mais aussi de concevoir des interfaces plus claires, moins complexes. On pense souvent en informatique qu’une fonctionnalité équivaut à une solution, alors que si certains systèmes étaient pensés dès le début selon l’utilisateur et non selon l’institution, tout le monde aurait beaucoup à y gagner.

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