Par Chantal Rialin & Soraya Almansa
Sortir des violences ne règle pas tout. Pour beaucoup de femmes, et notamment pour les femmes en situation de handicap, il faut ensuite retrouver des ressources, un logement, parfois un emploi, et reprendre progressivement une vie autonome.
FDFA le constate chaque année à travers son dispositif Écoute Violences Femmes Handicapées – EVFH.
En 2024, EVFH a enregistré :
3 000 appels ;
238 dossiers traités ;
84 rendez-vous spécialisés ;
96 % des appels concernaient des femmes en situation de handicap.
Ces chiffres montrent l’importance des besoins, mais aussi la diversité des difficultés rencontrées après les violences.
Les femmes qui contactent FDFA peuvent être confrontées à des violences conjugales, familiales, sexuelles, psychologiques ou économiques. Certaines dépendent encore de l’auteur des violences pour leur logement, leurs ressources, leurs déplacements ou certains actes de la vie quotidienne.
La question de l’autonomie est donc centrale.
En France, seulement 42 % des femmes bénéficiant d’une reconnaissance administrative de handicap occupent un emploi, contre 66 % de l’ensemble des femmes.
Le taux de chômage des femmes reconnues en situation de handicap est également plus élevé : 10 % contre 7 % pour l’ensemble des femmes.
À cela s’ajoute une précarité importante. En 2024, 32 % des personnes en situation de handicap âgées de 16 à 64 ans étaient en situation de privation matérielle et sociale et 52 % déclaraient ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue de 1 000 euros.
Dans ce contexte, quitter un conjoint violent peut être particulièrement difficile lorsque la victime ne dispose pas de revenus suffisants ou d’une solution de logement adaptée.
Le logement constitue ainsi un enjeu majeur de la sortie des violences. Pour une femme en situation de handicap, il ne suffit pas de trouver une place disponible : encore faut-il que le logement soit accessible, compatible avec ses besoins et situé à proximité des services, des transports ou des soins nécessaires.
L’accès à l’emploi et à la formation doit également être davantage pris en compte dans les parcours de reconstruction. Avoir des revenus personnels permet de réduire la dépendance économique et de retrouver une marge de décision dans la vie quotidienne.
À FDFA, l’accompagnement ne se limite donc pas à l’écoute des violences. Les situations reçues montrent combien les questions de droits, de ressources, de logement, d’emploi et d’autonomie sont liées.
La reconstruction passe par la sécurité, mais aussi par des conditions de vie permettant aux femmes de ne pas rester dépendantes de l’auteur des violences.
C’est aussi cela, sortir durablement des violences.