L’été : une période où les risques de violences peuvent s’accentuer pour les femmes en situation de handicap

Par Chantal Rialin & Soraya Almansa 

Pour beaucoup, l’été est synonyme de vacances, de repos et de retrouvailles. Pourtant, pour certaines femmes en situation de handicap, cette période peut également rimer avec isolement, dépendance accrue et augmentation des risques de violences.

Les violences faites aux femmes ne prennent pas de congés. Les auteurs de violences profitent parfois de circonstances particulières pour renforcer leur emprise. La période estivale réunit malheureusement plusieurs facteurs susceptibles d’accroître la vulnérabilité des femmes en situation de handicap.

Un isolement renforcé

Durant les vacances, les habitudes sont bouleversées. Les proches partent, certains professionnels sont absents, de nombreux services fonctionnent au ralenti et les activités habituelles s’interrompent. Pour les femmes en situation de handicap, ces changements peuvent réduire les occasions de rencontrer des personnes de confiance ou de demander de l’aide.

Une dépendance parfois plus importante

Lorsque l’entourage se fait plus rare, la dépendance envers un conjoint, un aidant, un membre de la famille ou un professionnel peut s’accentuer. Cette situation peut favoriser les violences psychologiques, économiques, physiques, sexuelles ou les négligences, particulièrement lorsque la victime dépend de cette personne pour les gestes essentiels du quotidien.

Des difficultés supplémentaires pour demander de l’aide

L’accès aux dispositifs d’accompagnement peut sembler plus complexe pendant l’été. Certaines permanences sont réduites, les déplacements sont plus difficiles et les victimes peuvent penser, à tort, qu’elles doivent attendre la rentrée pour être accompagnées.

Pourtant, il est essentiel de rappeler que des solutions existent tout au long de l’année. Les associations spécialisées, les services d’écoute, les forces de l’ordre et les dispositifs d’urgence restent mobilisés.

Ne pas rester seule

Aucune femme ne devrait avoir à choisir entre sa sécurité et son autonomie.

Si vous êtes une femme en situation de handicap et que vous êtes victime de violences, ou si vous êtes témoin d’une situation préoccupante, il est important d’en parler. Un échange peut constituer la première étape vers une mise en sécurité et un accompagnement adapté.

Chez Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir (FDFA), nous rappelons que chaque femme a le droit d’être écoutée, crue et accompagnée, quel que soit son handicap.

Même pendant l’été, les violences ne doivent jamais être banalisées ni passées sous silence.

Parce que les violences ne prennent pas de vacances, la solidarité non plus.

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