Les Valeurs bleu-blanc-rouge par Olivier Manceron, 20/01/26

Nos valeurs ? De quoi parle-t-on ? Ne vient-on pas de loin pour y trouver refuge ? Essayons de débobiner le concept. Les trouve-t-on dans notre histoire de France ? Nos richesses provinciales, nos églises et nos châteaux, nos riches vallées et nos verts coteaux ont été les berceaux de nos glorieuses traditions. Mais chaque personne qui est née quelque part a probablement le même bonheur de son enfance, sa douce France qui lui chante au cœur. C’est humain, c’est tout.

Nos valeurs sont-elles celles de notre République ? Nous les avons conquises une à une, de la Bastille aux Droits de l’Homme, de l’abolition des privilèges à l’affaire Dreyfus, de la Marseillaise au suffrage universel, des congés payés à la Sécurité Sociale.

Mais ces valeurs républicaines sont entachées de duplicité pour avoir soutenu en même temps l’esclavage, les bains de sang de la guillotine et de tous les massacres des saints innocents que furent les émeutes des sans-culottes, les batailles napoléoniennes, les conquêtes coloniales, la boucherie de la Grande Guerre, jusqu’aux exterminations de la dernière guerre mondiale. Pouvons-nous être honoré.es de ces valeurs-là ?

Seuls les combats des Françaises pour leur liberté de femme, pour leur égalité avec les Français portent assez de valeurs intrinsèques pour faire de la France notre « chez nous », un réel sujet d’orgueil. Elles n’ont tué personne. Elles ont montré à deux reprises qu’elles pouvaient réparer le pays. A chaque guerre, pendant que leurs hommes mouraient dans la boue et leur revenaient totalement fous d’avoir tant souffert, elles ont été là. Elles se sont coupé les cheveux. Elles ont enlevé voiles et foulards en sortant des églises.

Elles ont fait des études, sont devenues des professionnelles compétentes et des spécialistes qualifiées. Elles ont exigé le contrôle de la fertilité au prix de l’avortement, au prix de la contraception qu’elles font presque seules, pour avoir moins d’enfants forcés et plus d’enfants choisis. Ivres de rage et d’impuissance, les hommes brisent ce qu’ils construisent. Elles réparent patiemment. Elles les soignent et les aiment, bien qu’elles les craignent toujours. Contre la remontée des féminicides, des viols et des violences conjugales, elles ont construit la sororité des #MeToo et des féminismes. Elles réclament le droit à l’égalité, à la paix, à la joie de vivre. Voilà les vraies valeurs de la France.

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