Par Eloi Chopin
Les femmes en situation de handicap font d’office face à un risque d’isolement bien plus fort que le reste de la population. Cela est exacerbé lorsqu’elles subissent des violences. La société peine à concevoir que des femmes en situation de handicap puissent en être la cible, et cette zone grise augmente leur vulnérabilité, les laissant seules face aux abus.
Dès lors, le rôle de l’entourage et de la vie de quartier, est primordial pour repérer les signes de violences faites aux femmes en situation de handicap. Les voisins et les commerçants doivent être attentifs pour prévenir et orienter ces femmes vers les structures adaptées. L’entourage de quartier peut constituer un relais pour sortir les femmes en situation de handicap.
Les commerçants, par exemple, peuvent être les premiers à remarquer une emprise économique subie. Cela peut s’exprimer par une absence de moyen de paiement chez la femme en situation de handicap, des paiements toujours réalisés par son aidant, les signes d’une précarité exacerbés pouvant indiquer un détournement des aides de l’État au profit de l’auteur des violences, … Ce contrôle économique de la femme en situation de handicap constitue une violence à part entière que l’entourage et la vie de quartier peuvent repérer. Dans ce cas, il est nécessaire de contacter une autorité compétente (la ligne EVFH au 01 40 47 06 06 ou par mail à ecoute@fdfa.fr, le 3919, les services de sécurité).
Un autre signe qu’une femme en situation de handicap est victime de violences est l’enfermement dans son domicile. Une fois de plus, ce signe peut être remarqué par les voisins, habitant aux côtés du dit domicile, ou par les commerçants, proches du domicile et lieux de passages potentiels de la victime. L’enfermement témoigne du contrôle abusif du conjoint ou de l’aidant sur la femme en situation de handicap. Au minimum, cela relève de la négligence (ce qui constitue d’ores et déjà une violence en soi), mais ce genre de comportement par l’auteur des violences cache généralement des violences bien plus profondes, qu’elles soient psychologiques, physiques ou sexuelles. Les voisins et les commerçants doivent alors être vigilants à ce que la femme en situation de handicap ne soit pas complétement isolée et bloquée à son domicile.
Il est nécessaire de transformer le regard de la société afin d’être plus à même de repérer et de contrer les violences faites aux femmes en situation de handicap. Cela passe aussi par une plus grande vigilance de l’entourage de proximité. Les commerçants et les voisins peuvent être la première barrière face à l’isolement de ces femmes, et leurs premiers garde-fous face aux violences qu’elles subissent, bien trop invisibles aujourd’hui.