BILLET D’HUMEUR N° 33 d’Olivier Manceron, le 20/05/18.

Un basculement réactionnaire sanguinaire frappe la plupart des régions du monde.  De petits mâles haineux courent les rues, le couteau ensanglanté. Ils assassinent la liberté des gens de se promener la nuit, de se rencontrer à la lumière dorée des terrasses des cafés et de laisser l’amour peut-être y planer. Les nationalismes « ethnico-religieux » développent une culture d’angoisse, de ressentiment, de crime et de viol. Tout est bon pour haïr.

Ces courants régressifs réunissent des groupes disparates sous le fantasme d’un passé sécurisant, où les femmes restaient à « leur place » et où les « fondamentaux » étaient respectés. L’ordre régnait. Les ultra-libéraux, genre « pro-armes » avec chacun son flingue ou genre « pro-vie » avec le contrôle du corps des femmes, s’allient aux nostalgiques des dictatures patriarcales, drapés dans les plis des banderoles religieuses ou des oriflammes nationales.

Ces contre-mouvements régressifs xénophobes désignent des ennemis internes aux multiples visages : rohingyas en Birmanie, musulmans en Inde, chrétiens coptes en Égypte, bouddhistes en Malaisie, chiites au Yémen, communauté LGBT en Ouganda, intellectuels libéraux au Bangladesh, militants progressistes en Indonésie et au Brésil, etc.

L’ennemi héréditaire, c’est l’Autre. Ce sont les noires colonnes grouillantes des « migrants », les envahisseurs, auxquels résistera encore et toujours le petit village gaulois. Pour expliquer ce retour en force, on incrimine la mondialisation, sa marchandisation sauvage dévastatrice, et la montée des inégalités le long d’une succession de crises économiques, savamment orchestrées.

Mais les forces progressistes du passé n’ont pas dénoncé (lorsque elles ne les ont pas soutenus) la traite esclavagiste, les colonisations, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, la corruption, les ventes d’armes aux dictatures, le néo-colonialisme, le rôle de « leurs » grandes entreprises, sans parler du refus d’une écriture partagée de l’Histoire.

Et surtout nos « intellectuels de gauche » sont passés délicatement à côté de la plus grande des inégalités planétaires : celles des sexes. Les idées féministes portent en elles des espoirs si grands, si forts, si révolutionnaires que les puissants de ce monde s’acharnent à diffuser la contre révolte.

Courage ! Il ne faut voir dans leur rage qu’un retour de manivelle, un « backlash » désespéré. Le féminisme renferme de si profondes aspirations à l’autonomie, à une plus grande maîtrise de la vie pour chacun.e, qu’il brise les classiques rapports sociaux, incompatibles avec l’égalité des individu.e.s.  La violence de ce retour de manivelle est à la hauteur de la terreur des sexistes dominateurs. La marée irrépressible des luttes féministes au niveau mondial va les engloutir.

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