5 questions à Amélie Pélissier

Amélie Pélissier, stagiaire à FDFA, étudiante à Sciences Po Paris

1. Quels sont les principaux freins rencontrés par les femmes en situation de handicap dans l’accès à une pratique sportive régulière ?

Les femmes en situation de handicap font face à une “triple discrimination” : être femme, être en situation de handicap, et être confrontées aux conséquences croisées du genre, du handicap et de la précarité. Cette “triple discrimination” conduit à un cumul de freins et d’inégalités. Parmi ces freins, nous retrouvons notamment l’inaccessibilité des équipements, le coût élevé de cette pratique, les difficultés liées au handicap, le manque d’offres adaptées, mais aussi les contraintes familiales que peuvent connaître ces femmes. A cela, s’ajoutent des freins plus invisibles comme l’autocensure ou le regard des autres.

2. En quoi les violences sexistes, le validisme ou les discriminations peuvent-ils impacter la place des femmes en situation de handicap dans les espaces sportifs ?

La peur d’être confrontée à des violences sexuelles et sexistes, aux moqueries ou à des comportements validistes dissuade de nombreuses femmes de pratiquer du sport. Ces femmes sont surexposées aux comportements validistes et sexistes ce qui génère une forme d’autocensure notamment dans la pratique sportive. En outre, le manque de modèles féminins en situation de handicap dans l’encadrement et en tant que modèle, renforce ce sentiment d’illégitimité.

3. Comment les clubs, associations et équipements sportifs peuvent-ils devenir réellement inclusifs et accessibles ?

L’inclusion et l’accessibilité passent d’abord par des aménagements concrets : des vestiaires accessibles, des équipements adaptés, des pratiques en groupe mixtes entre des personnes dites « valides » et des personnes en situation de handicap ainsi qu’une offre parasportive complète. La féminisation de l’encadrement et la valorisation de modèles féminins en situation de handicap sont également essentielles pour que les femmes en situation de handicap se sentent incluses.

4. Le sport peut-il être un levier d’autonomie et d’empowerment pour les femmes en situation de handicap ? À quelles conditions ?

Oui, car le sport peut permettre de se réapproprier son corps, en se fixant des objectifs progressifs et valorisants. Le fait d’atteindre ces objectifs permet de prendre conscience de ses capacités. Cela est donc un levier clé pour favoriser la confiance en soi des femmes en situation de handicap. Néanmoins, cela est possible à condition que la pratique sportive se déroule dans un cadre adapté, inclusif, bienveillant et pas forcément compétitif.

5. Quelles actions concrètes devraient être développées en Île-de-France pour favoriser la participation, la visibilité et la sécurité des femmes en situation de handicap dans le sport ?

Premièrement, il est nécessaire que les équipements soient adaptés (mise en place de rampes, ascenseurs, vestiaires accessibles,…) tout en assurant la formation du personnel vis-à-vis des violences et discriminations que peuvent subir ces femmes. En outre, développer des campagnes de communication valorisant des femmes sportives en situation de handicap est également primordial pour que ces dernières se sentent représentées. Enfin, il me semble que des créneaux dédiés aux femmes en situation de handicap pourraient les encourager à pratiquer dans un cadre plus sécurisant et bienveillant.

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