Par Chantal Rialin & Soraya Almansa
Les violences motivées par la haine sont des actes commis parce qu’une personne est perçue comme appartenant à un groupe particulier. Elles peuvent viser une personne en raison de son handicap, de son sexe, de son origine, de sa religion, de son orientation sexuelle ou d’une autre caractéristique protégée par la loi.
Les femmes en situation de handicap sont particulièrement exposées à ce risque. Elles peuvent être victimes d’insultes, de menaces, de harcèlement, de dégradations de leurs biens, d’agressions physiques ou sexuelles, non seulement parce qu’elles sont perçues comme plus vulnérables, mais aussi parce qu’elles font l’objet de préjugés profondément ancrés dans la société.
Ces violences peuvent survenir dans tous les espaces de vie : dans le voisinage, les transports, les établissements médico-sociaux, le monde du travail, les commerces, les services publics ou sur les réseaux sociaux. Elles s’expriment parfois par des propos humiliants ou des moqueries, mais peuvent également prendre des formes beaucoup plus graves.
En France, le Code pénal ne reconnaît pas une infraction autonome de « crime de haine ». En revanche, lorsqu’une infraction est commise avec un mobile discriminatoire, cette circonstance peut aggraver la peine encourue. Le droit protège ainsi les victimes lorsque les violences sont motivées notamment par le handicap, le sexe, l’origine ou d’autres critères légalement protégés.
Pourtant, ces situations restent largement sous-déclarées. Les victimes hésitent souvent à porter plainte par peur de ne pas être crues, par crainte de représailles, en raison de leur dépendance à l’égard de l’auteur des faits ou parce que les procédures restent insuffisamment accessibles.
Mieux identifier ces violences est un enjeu essentiel. Cela suppose de former les professionnels, de renforcer l’accessibilité des dispositifs de signalement, de recueillir des données plus précises et de développer des politiques publiques adaptées.
À FDFA, nous rappelons que chaque femme en situation de handicap a le droit de vivre librement, en sécurité et sans discrimination. Reconnaître les violences motivées par la haine, les nommer et accompagner les victimes constitue une étape indispensable pour garantir l’égalité des droits et lutter contre toutes les formes de violences.