FDFA

Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir

Femmes handicapées, citoyennes avant tout !

BILLET D’HUMEUR N° 24 par Olivier Manceron, 20/08/17.

Tombe la pluie, coule le temps, monte la haine. Le ciel rougeoyant se charge de vapeurs inflammables. L’incendie pourrait s’étendre à toute l’humanité. Les écrans médiatiques pleurent leurs couleurs en recensant les morts. La démocratie est en danger. Le commerce des armes ne s’est jamais aussi bien porté. Les mafieux du monde se frottent les mains.

On a laissé tomber les vieux préceptes républicains. Qui voudrait encore de cette Liberté ? On ne nous montre que les tueurs des rues massacrer les gens ? Qui parle encore d’Égalité ?  On nous fait croire à des débarquements de migrants imbus de culture machiste, dans nos stations balnéaires ? On les pleure morts sur le sable. Mais vivants, leurs images sont faites pour nous faire peur. Et la Fraternité ? Comment être frère et sœur de celles et ceux qui ne pensent qu’à laver le sang dans le sang ? Nos riches n’ont pas d’argent pour tous ces détails agaçants. La démocratie n’intéresse pas les puissants.

Alors on aimerait encore quelques jours de beau temps et faire durer le soleil sur la plage. Ne rentrons pas tout de suite à la maison et laissons les enfants manger encore une glace sur la promenade. Encore un peu de vacances, messieurs, s’il vous plaît ! Encore un peu de vide d’esprit, d’oubli des soucis et de déni des horreurs.

La rentrée nous brisera les oreilles du bruit des foules d’enfants dans les escaliers des écoles et des lycées, du bruit des pieds des manifestant.e.s sur les pavés mouillés, du bruit des godillots cloutés des flics, scarabées noirs sur les trottoirs, du bruit des bottes des fascistes revanchards, le bras tendu, en rangs serrés, du bruit des guerres, des bombes et des mères qui hurlent en tenant le corps de leurs bébés. Alors encore une petite trêve, un instant de temps arrêté sur les horizons d’azur de fin d’été. Ô temps suspends ton vol… J’ai trop peur d’avoir peur. Vagues amères, mortes montagnes !

Déjà, les nuages sur la mer me donnent le cœur serré. Ce dont j’ai le plus peur, c’est le silence des chaussons de feutre, l’entêtement des mules à pompons et l’indifférence des charentaises. La démocratie est en danger. Les dictatures ont envie de guerroyer. Il va falloir réveiller les gens avant.

'BILLET D’HUMEUR N° 24 par Olivier Manceron, 20/08/17.' à 1 commentaire

  1. 29 août 2017 @ 14 h 00 min

    Joliment écrit et percutant comme toujours…..
    Le monde est devenu fou et l’indifférence tue tous les jours…La violence n’est pas celle qu’on nous dit, la violence n’est pas celle qu’on nous tend à longueur d’antenne….pas que.
    Le choc des photos, le poids des mots.
    Les images choquent par leur violence mais ce qu’on ne montre pas et ce qu’on ne dit pas, ce qu’on refuse de dire, ce qu’on occulte parce qu’il touche à nos égoïsmes les plus profonds est bien plus violent encore.
    On cache la violence derrière la violence. « On lave le sang par le sang ».
    L’indifférence généralisée qui a grillé le civisme et l’empathie, le sens de la fraternité du peu de neurones disponibles de nos concitoyens, rangés au seul et sinistre titre de consommateurs passifs, est d’une VIOLENCE INOUIE.
    Ce silence est ASSOURDISSANT !
    L’image d’une chemise arrachée d’un cadre supérieur génère plus d’émoi que les centaines de licenciés, toutes branches confondues, qui mis au chômage, se retrouveront bientôt dans des situations de surendettement et de précarité indescriptible.
    INDIFFERENCE GENERALISEE.
    Où est la violence ?
    Citoyen, lève-toi et brise tes chaînes !
    Ces chaînes d’indifférence qui t’attachent au confort de ta petite vie et tes rêves de consommation.
    L’Homme est plus grand que cela et se doit de rêver plus haut, rêver plus fort !
    Le Bonheur n’est pas dans ce qu’il peut voir et toucher du doigt pour lui-même mais dans ce qu’il espère de meilleur pour chacun, c’est-à-dire pour tous.

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